LE COUREAU

LE COUREAU

Construire et faire naviguer un coureau, bateau traditionnel de garonne.

Le patrimoine fluvial du secteur est en friche, il n’existe pas de bateau historique d’ampleur capable de transporter des passagers.
Les bords de Garonne sont fréquentés par de nombreux promeneurs, qui ne trouvent pas ou peu d’activités leur permettant de découvrir le fleuve et son histoire. L’association les Chantiers Tramasset souhaite proposer une navigation à bord d' « un bateau à passager affecté à la découverte de la Garonne, Dordogne et Gironde entre Castets en Dorthe et Le Verdon ». Il devra donc pouvoir naviguer en eaux intérieures et fluvio-maritimes. Sa zone «naturelle» sera plus sûrement celle que fréquentaient les anciens couraux-sloups : la Garonne jusqu’à Castets, la Dordogne jusqu’à Castillon, l’estuaire de la Gironde.

Faire naviguer un bateau est une bonne manière de rapprocher la population de son fleuve et de faire vivre les Chantiers Tramasset comme un lieu de rencontres, d’échanges et de transmission entre générations autour du patrimoine maritime et fluvial.

Mais qu'est-ce qu'un coureau de Garonne ?
Les coureaux étaient des bateaux qui transportaient des marchandises et/ou des matériaux sur le fleuve.
Ils constituaient une famille de bateaux à étrave et tableau arrière, à fond plat et flancs évasés, pontés ou semi-pontés à l’exclusion des plus petits de la famille.

On trouve :
- Les coureaux de Dordogne, long de 24m environ pour 4,50m de large 
- Les coureaux de l’Isle plus petits, longs de 21m environ pour 4,45m de large.
Ces deux types ne se différenciaient que par leur taille liée aux dimensions respectives de la Dordogne et de l’Isle. Ils étaient grées d’une grand voile au tiers et, pour manœuvrer, d’une petite voile au tiers de « tape cul » doublée parfois d’une même voile placée sur l’étrave.
Les coureaux de Gironde, plus courts, (18m de long étant quasiment la norme), et plus large (6m et plus). Leurs flancs étaient beaucoup plus évasés. Il s’agissait de l’adaptation du type à la navigation en estuaire. Leur gréement était « modernisé », avec une grand voile à corne, parfois surmontée d’un flèche et un foc sur guibre et beaupré. Le foc était équilibré sur l’arrière par un petit « tape cul » au tiers placé sur le tableau. Leur mât était à bascule afin de passer sous les ponts.
Comparé à celui des gabares, leur faible tirant d’eau présentait un avantage décisif.
La gabare, bateau en forme et à quille avait pour une capacité de charge équivalente, un tirant d’eau supérieur de 1m. Cela n’était pas gênant dans le port de Bordeaux mais l’était à l’amont ou les « maigres » étaient nombreux. Cela l’était aussi pour accéder aux nombreux petits ports implantés sur des esteys comme celui de Langoiran qui n’étaient en eau que quelques heures par jour.

Pourquoi l’Henriette ?
Le choix de l’Henriette est compréhensible, il est le dernier courau-sloup à avoir travaillé sur Langoiran (jusque vers 1970). Son souvenir reste vivace. C’est avec lui qu’un lien peut le plus aisément être renoué.
Ce choix appelle néanmoins plusieurs observations.
D’une part, l’Henriette, au long de ses 60 ans d’exploitation commerciale a subi de nombreuses transformations. D’autre part, ses plans, s’ils existent ne nous sont pas connus. Le plan de forme retenu est celui du Roger Martha, pour des raisons sentimentales (il a fait l’objet d’un relevé de forme par Raoul Tramasset) mais aussi pour une raison technique : Georges Chourrier, membre de l’association et qui a travaillé dans les années 50 sur l’Henriette juge que cette dernière avait une muraille verticale, ce qui est le cas du Roger Martha.

 

 



Soyez curieux, et n'hésitez à venir observer tout au long de l'année
l'évolution de cette construction !

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