TÉMOIGNAGE SONORE
Panneau 6: “Les origines”
Transcription de l'audio
Philippe Araguas
“Le nom de Tramassé, même s'il n'est pas attaché à ce lieu précisément depuis le XVIIe siècle, mais le nom de Tramassé, les Tramassés sont charpentiers de navires dans la paroisse du Tourne dès le XVIIe siècle. Donc ça, c'est quand même une profondeur historique extraordinaire. Alors après, on dit, oui, en fait, ça ne date que du XIXe.
Non, je veux dire, au XIXe siècle, la famille a évolué, le chantier a pris un peu d'ampleur, mais c'est une même famille qui est dans l'histoire de ce chantier depuis plus de trois siècles. Donc au XVIIe siècle, le Tourne, c'est une petite paroisse, et le village n'existe pas ici en bas. Jusqu'au début du XIXe, la rue de Verdun n'est pas bâtie.
Enfin, il y a quelques bâtiments en bas. Ça s'arrête à peu près en fait. On a un village qui est un ensemble sur lequel se greffent les chantiers de Tramassé.
Mais à l'origine, comme c'était deux paroisses dont les centres étaient très distants, de plus de trois kilomètres, quatre kilomètres entre l'église du Tourne et l'église d'Aulangouarent. Donc ça a donné deux communes différentes, et c'est pour ça que le chantier de Tramassé est sur la commune de le Tourne. En fait, il est en bordure d'un village qui passe très largement la commune du Tourne.
Et il y avait d'autres chantiers de l'autre côté, les chantiers urmiques. Il y avait une petite halle où on fabriquait des yols. Donc il y avait plusieurs ateliers de construction de bateaux pour la Garonne.
Tramassé était l'un d'entre eux. Et au XIXe siècle, il a pris de l'ampleur. Ils n'étaient plus entrepreneurs.
Ils ont passé des accords commerciaux pour fabriquer des... Je crois que ce qui a été important pour Tramassé, c'est qu'à un moment, ils ont fabriqué des chaloux pour la royale, pour la marine de guerre. Et donc l'apogée, ça a dû être à la fin du XIXe, au moment où le trafic fluvial était très important, après la construction du canal latéral. La grande prospérité de la navigation fluviale, c'est le Second Empire, le début de la Troisième République, jusqu'à la guerre de 14.
Et après la guerre de 14, le rail a pris le dessus. On commence à voir aussi les premières voitures automobiles. C'est long à démarrer, mais c'est surtout le rail qui fait que le trafic fluvial baisse un peu.
Donc l'activité du chantier ne se développe plus. Pendant l'entre-deux-guerres, elle se maintient pas mal, plus pour la pêche que pour les filadières ou les bateaux de pêche ou les yôles. Après la Seconde Guerre mondiale, il n'y a plus grand-chose.
Le chantier est perdu jusque dans les années 70. Et les dernières activités du chantier, c'était essentiellement de l'entretien de bateaux de plaisance. Il y avait pas mal de plaisanciers qui venaient faire restaurer leurs bateaux ici, les Tramassés étaient très réputés, c'était de très bons chartentiers marins.”
Philippe Araguas
Philippe Araguas, né en 1951, est docteur ès lettres et ancien membre de l’École des hautes études hispaniques – Casa de Velázquez. Conservateur du patrimoine avant de se consacrer à l’enseignement de l’histoire de l’art médiéval, il a mené une carrière associant recherche, conservation et transmission des savoirs.
En 1997, il a cofondé l’association Les Chantiers Tramasset avec Maryse, contribuant ainsi à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine fluvial de la Garonne.
Le parcours est terminé.
Merci de vous être joints à nous pour cette découverte sensible du lieu des Chantiers Tramasset